Tableau n°1 : "Les Hasards heureux de l'escarpolette", Jean-Honoré Fragonard, 1767
Mais qui est-il ?
Fragonard naît à Grasse en 1732. Sa famille s'installe ensuite à Paris, où il fait son apprentissage comme clerc de notaire avant de trouver sa vraie vocation. Il étudie l'art chez Jean-Baptiste Chardin et François Boucher (Je vous invite à faire des petites recherches sur ces deux artistes;)). Fragonard remporte le prix de Rome en 1752 et poursuit ses études artistiques en Italie. À son retour à Paris en 1761, il devient académicien en 1765. C'est à partir de ce jour qu'il recevra de prestigieuses commandes. Cependant, en 1767, il cesse d'exposer ses œuvres au Salon et traite directement avec des mécènes privés. "Les Hasards heureux de l'escarpolette" marquent un repère dans son évolution artistique. Il travaille souvent pour Mme du Barry, l'une des maîtresses de Louis XV. En 1780, avec l'émergence du néo-classicisme, son art passe peu à peu de mode. Jacques-Louis Davis (1748-1825) lui obtient un poste au Louvre, mais il meurt dans l'ombre.
Présentation de l'œuvre:
Cette scène fut peinte au début de sa carrière lorsqu'il est devenu académicien, et que ses œuvres commençait à être apprécié. Un jeune courtisan lui demanda secrètement de lui faire un portrait de lui-même et de sa maîtresse. Il devait y apparaître comme son amant secret, caché dans un buisson, tandis que l'évêque poussait la balançoire de la jeune femme. Mais cet aspect anticlérical déplut à Fragonard de peur d'éventuelles conséquences pour sa carrière. Alors il convainquit son client de remplacer l'évêque par un mari.
À première vue, la rencontre semble se dérouler dans une clairière plutôt sauvage. Cependant, l'équipement de jardin, les sculptures et les détails architecturaux visibles derrière la jeune femme montrent clairement qu'il s'agit d'une propriété privé. Le décor luxuriant évoque les jardins de la Villa d'Este à Tivoli, où l'artiste avait passé l'été de 1760. Ce tableau dit "érotiques" (voir pourquoi en "détails") était destiné à être exposé en privé, mais il tomba en disgrâce après la Révolution de 1789. Le premier propriétaire connu de l'œuvre, Ménage de Pressigny, fut guillotiné en 1784 et le tableau fut confisqué par les autorités. Le Louvre refusa de l'acquérir. Il fut ensuite acheté par un collectionneur anglais et exposé pour la première fois en 1860 seulement. Actuellement, le tableau se trouve à Londres et appartient à la "Wallace collection".
Détails :Fragonard aimait se servir des sculptures comme accessoires coquins et les faire participer à l'action. Cupidon est un symbole traditionnel de l'Amour. Il joue ici le rôle d'un complice silencieux, pour souligner le secret du rendez-vous des amants.







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